Préparer son sac d’évacuation ou Bug out Bag (BOB)

Si vous évoluez dans le milieux du survivalisme, vous avez sûrement entendu parler du sac d’évacuation, que les survivalistes anglo-saxons nomment BOB pour Bug Out Bag.

Si tel n’est pas le cas et que vous soyez ou non un « survivaliste ou un « prepper », vous devriez sérieusement vous pencher sur le sujet. Même l’état français recommande sur l’un de ses sites officiels d’en constituer un… Au cas où. Un kit d’urgence à retrouver sur ce site du gouvernement.

Alors, un BOB, un sac d’évacuation, qu’est-ce que c’est ? Tout simplement un kit de survie ou sac de survie vous permettant, en cas de gros danger imminent, de quitter la maison en deux temps trois mouvements et de pouvoir survivre pendant trois jours, soit 72h. Typiquement, le sac d’évacuation comprend de la nourriture en suffisance, de l’eau ou des méthode de purification d’eau, de quoi se chauffer, se vêtir, se soigner, s’orienter, s’abriter, s’éclairer, réparer, se signaler et s’identifier.

Nous étudierons tout au long de se dossier les bonnes questions à se poser pour préparer son plan d’évacuation et pour constituer son sac d’évacuation/sac de survie. Nous nous risquerons enfin à dresser une liste étoffée au sein de laquelle tout un chacun pourra piocher des idées correspondant à ses besoins.

Retrouvez également nos articles sur le survivalisme et notamment sur les concepts d’EDC ou de BAD (base autonome durable)!

Les fondamentaux de l’évacuation

Un sac d’évacuation : pourquoi ?

Pour évacuer, certes, mais encore… Le sac d’évacuation est utile en cas de catastrophe. Il s’agit d’évacuer le domicile dare-dare et de survivre. Oui, mais quel danger devons-nous fuir ? Cette question, chacun doit se la poser et y répondre en toute franchise. Exit donc les scénarios de fin du monde ou d’invasion zombie, voire de guerre mondiale (enfin, espérons le!). Il faut ainsi rester pragmatique et analyser les sources de danger auxquels nous sommes confrontés : inondations si vous êtes situé sur une zone inondable, séisme ou évènement volcanologique (rare en France), accident nucléaire (plus vraisemblable, au vu du nombre de réacteurs sur le territoire français), accident industriel… Les scénarios peuvent s’apparenter à des catastrophes locales, voire régionales, plus rarement nationales. Il peut également s’agir d’un évènement très localisé dans votre environnement proche, comme l’incendie de votre maison.

Selon les risques de danger les plus probables en les hiérarchisant, vous constituerez votre sac d’évacuation de telle ou telle manière et vous échafauderez un plan d’évacuation adapté.

A ce stade de réflexion, vous vous demanderez (ou vos proches se demanderont) si vous êtes parano. Détrompez-vous illico. Chaque année dans le monde, des centaines de milliers de personnes doivent faire face à une évacuation. Nous avons de la chance en occident et a fortiori en France, de ne pas être trop exposés aux catastrophes naturelles graves. En cas de problème, la normalité revient bien vite, voire se maintient. Nous ne sommes toutefois pas à l’abri de crises majeure qui pourrait s’aggraver en raison d’un manque de soignants, d’absence des forces de l’ordre, de magasins vides car non approvisionnés, d’une pénurie de plusieurs jours en termes de sources d’énergie…

En termes réalistes, soulignons tout de même qu’il sera plus probable au cours de notre existence de faire face à une situation nécessitant de se retrancher chez soi plutôt que de quitter le domicile en saisissant dare-dare un sac de survie.

Votre domicile comporte des valeurs, une réserve alimentaire, des objets personnels, tout le confort souhaité… Il est entouré d’un environnement que vous connaissez sur le bout des doigts… Seule une solution exceptionnelle vous enjoindra de quitter votre cocon !

inondation catastrophe naturelle
Les incendies ou les inondations peuvent être l’une des causes d’évacuation – Noverodus / Pixabay

Le plan d’évacuation

Après avoir listé les principaux risques, l’élaboration d’un plan d’évacuation permettra d’anticiper au maximum et de rester autant que faire se peut maître des évènements. Le plan d’évacuation répondra aux questions :

– Qu’emportons nous selon le temps dont on dispose? (tel ou tel type d’équipement et de sac d’évacuation selon l’évènement). Inutile pour un simple incendie de prévoir de quitter le domicile pour vivre dans les bois. La situation autour de la maison demeure normale. Peut-être que des amis, de la famille ou un hôtel pourront vous abriter. Un évènement de type régional nécessitera un équipement plus complet. Certains parlent de sac d’évacuation de niveau 1 pour les évènements localisés et de niveau 2 ou 3 en cas de rupture de la normalité de type « chao total » !

– Où allons-nous ? Frontière, famille, amis, proches à secourir, abris anti-atomique, maison de campagne (ou une « base autonome durable ou BAD, chère aux survivalites), autres points points de chute non impactés par la catastrophe…

– Comment allons-nous y aller ? (voiture, vélo, bateau, quad, moto, à pied)

– Quel itinéraire ?

– Qui fait quoi si vous êtes en famille ? Pourquoi ? Il s’agit du partage des tâches, des rôles (appeler les secours, sortir les sacs, les charger dans la voiture/ le bateau ou installer les sacoches sur les vélos, couper l’arrivée d’eau de gaz et d’électricité dans le domicile, verrouiller la porte de la maison et sécuriser davantage les entrées…).

Bug out bag et plan d'évacuation
Avant de créer son BOB, il faut un bon plan d’évacuation – RAEng_Publications / Pixabay

Pourquoi 72h pour un sac d’évacuation ?

72h est devenu une forme de standard. On estime qu’en cas de gros problème, il est probable que les secours et l’état puissent intervenir et gérer la crise a minima en moins de 72h. Néanmoins, la catastrophe de la Nouvelle-Orléans nous à prouvé le contraire (ouragan Katrina en 2005). Notons toutefois qu’en France, en raison de la « petitesse » du territoire et de sa densité démographique, ainsi que des moyens de secours dont nous disposons, 72h peut paraître exagéré. Nous ne sommes ni en Australie, ni aux USA tout de même ! Il demeure toutefois préférable de faire preuve de prudence et de rester dans cette configuration.

A contrario, certains avanceront qu’il vaut mieux prévoir plus lorsque notre environnement est isolé. En effet, si votre habitation se situe à plusieurs dizaines de kilomètres de la civilisation et que les moyens classiques de communication ne fonctionnent plus, il est préférable de voir large. Mais gare au poids de votre sac de survie !

Combien de temps pour évacuer ?

Dans l’idéal ? Le BOB ou le sac d’évacuation doit être organisé et prêt à prendre dans les dix secondes afin de pouvoir réagir à un évènement brutal. Cependant, il est courant que les citoyens soient informés quelques heures voire quelques jours avant l’évacuation.

Cela n’empêche pas de prévoir le pire.

Où ranger mon sac d’évacuation/ bug out bag ?

Le sac doit être prêt à prendre. Il peut être conservé dans la voiture, à l’entrée du domicile, sous le lit, sur le lieu de travail… A éviter absolument : ranger son sac de survie dans un endroit inaccessible (placard en fouillis, cave, grenier…)

Le choix du sac/ du contenant 

En premier lieu, le choix du sac dépendra de la configuration de la famille, de notre état de santé et de notre condition physique. Les choses sont différentes si l’on a des enfants en bas âge, si l’on est âgé et en mauvaise santé ou si l’on a la trentaine et la pleine possession de ses capacités physique.

La prise en compte de ces éléments n’est que trop peu soulignée et c’est ainsi que l’on voit pululler sur internet des sacs d’évacuation identiques : de gros sacs tactiques/militaires/de rando de 15 à 30 kg riches en matériel de camping et de buschcraft.

Or, ce sont la composition de la famille et la condition physique qui dictera le choix du contenant. Cela peut être un sac à dos de 40 litre maximum pour une personne frêle, un sac de 60 à 100l pour un randonneur aguerri (non adepte de la rando légère!), un sac avec porte-bébé intégré pour la famille, un petit sac pour les enfants, une valise à roulettes pour les personnes âgées… Non adapté, le sac d’évacuation sera davantage un handicap qu’autre chose.

La seconde contrainte à prendre en compte : la distance à parcourir de manière non motorisée (à pied, à vélo…). Ce facteur déterminera également le type de contenant, mais également le poids maximum à ne pas dépasser… Et il faudra dans cet exercice faire preuve d’humilité. Ce n’est pas parce que l’on a un jour parcouru les 3 kms séparant la maison de la gare avec un sac de 20 kg que l’on pourra marcher 30 kms par jour avec un tel chargement, qui plus est en état de stress.

En résumé, les plus petits gabarit devront s’astreindre au minimum vital s’ils veulent conserver leur mobilité. Où reporter l’excédent à un membre de la famille plus costaud.

Il existe une multitude de sac et d’autres contenants, tels que les valise à roulette.

Nous resterons ici sur le choix le plus commun se portant sur un sac de rando.

Nous l’avons vu, vos capacités, entre autres, guideront le poids du sac mais aussi son litrage. Egalement, ne laissons pas de côté la morphologie qui dictera les critères de choix. Certains sacs de rando apportent un confort pour le dos à l’aide d’une armature, des bretelles rembourrées, une sangle ventrale et pectorale. Certains permettent de porter le maximum de la charge sur les épaules, les hanches ou le bassin. Des sacs à dos de qualité font également le distinguo entre les sacs hommes et femmes à ce propos, et c’est tout naturel. La taille des hanche et de la poitrine est à prendre en compte !

A moins que vous n’ayez les moyens, ne vous ruinez pas pour un sac à dos. Choisissez-le à votre goût et selon certains critères de confort, mais il demeure inutile de mettre 200€ dans un sac qui, espèrons le, ne servira jamais ! Certains font un compromis, en utilisant pour les randonnées occasionnelles le sac et les équipements contenus dans le BOB. La mutualisation, c’est bien, mais bien souvent, le sac d’évacuation n’est jamais recomposé faute de temps. Et le jour où on en a vraiment besoin… C’est la mouise !

Enfin, même si la mode est aux sacs tactiques/militaires couleur camouflage, rien de tel qu’un sac standard avec des couleurs on ne peut plus normal.

En cas d’évacuation en treillis militaire et équipements tactiques, trois scénarios sont envisageables

– Le danger est minime (inondation du quartier…) et l’on se moquera de vous ;

– En ne ressemblant pas à un civil, les forces de l’ordre pourraient vous prendre pour une menace

– En affichant un look ouvertement « survivalite », tout le monde saura que vous n’êtes pas à cours de matos. Cela suscitera des convoitise dans l’esprit de chacun, y compris des pillards.

Liste type des objets, items ou équipement à intégrer par module dans le sac d’évacuation

Nous présentons ici un contenu typique ainsi que d’autres idées permettant de personnaliser son sac d’évacuation. Car au risque de nous répéter, un sac d’évacuation est personnel. Il dépendra de:

  • La composition de sa famille (ou non, pour les célibataires!)
  • La condition physique
  • L’environnement nous entourant
  • Du risque, du type de catastrophe à fuir

Dans le sac, son matériel et ses ressources son compartimentées en modules, et ceci dans des poches imperméables. Un matériel humide ou mouillé, est souvent inutilisable. Ces modules permettront une meilleure organisation. Rien n’est pire qu’un sac à dos dans lequel tout est « rangé » en pagaille, sans organisation.

Un conseil en termes d’organisation pour se constituer un sac d’évacuation : ranger son domicile, faire l’inventaire de ce que l’on a déjà afin d’éviter les dépenses inutiles… Garder en tête cependant que la redondance est un principe salvateur en survie. Mieux vaut avoir des équipements en double et en triple chez soi. Cela permet de s’en servir au quotidien, de les tester, sans avoir à défaire systématiquement le BOB.

A l’intérieur du sac d’évacuation en tant que tel, la redondance est au contraire proscrite. Il s’agit de gagner du poids. Par exemple, si votre multitool ou votre couteau suisse est équipé de ciseaux, il ne sert à rien d’en avoir une seconde paire dans la trousse de secours et une troisième dans le kit de réparation.

Set camping
Items sac d’évacuation nature – Jozefm84 / Pixabay

Module « abris » du sac d’évacuation

Il s’agit d’un module pouvant à la fois être volumineux et lourd. Il peut être allégé voire éliminé du paquetage si vous évoluez dans un milieu urbain et si vous ne prévoyez que des risques minimes. Dans ce cas, il est plus simple de vous rendre à l’hôtel, chez des amis, de la famille, ou trouver refuge dans un gymnase mis à disposition par les autorités. Il est en effet rare en cas d’innondation ou d’incendie de rencontrer des citadins obligés de camper dans les bois. En cas de catastrophe de niveaux 2 (assez étendue), il vous faudra sûrement quitter le département (ou essayer tout du moins, car les voies routières seront invariablement bouchées). Il peut être utile de prévoir un abris de secours.

Si vous habitez au contraire en forêt, à la campagne… Bref, loin de tout, un abris demeure nécessaire. La priorité demeure d’assurer sa régulation thermique et de se protéger de la pluie et du vent.

A placer dans son module abris, au choix :

  • Une ou deux tentes, de préférence légère et fonctionnelles permettant d’abriter famille et bagage. De préférence une tente canadienne ou une tente dome. A éviter : les tentes dont les arceaux doivent être gonflés (il vous faudrait trimballer un gonfleur!) ou les tentes dites 2 secondes, peu pratiques lorsque l’on évolue à pied avec un sac à dos (sans compter la prise au vent).
  • Un tarp ou des bâches légères permettant de constituer un abris de fortune. A minima, cette configuration permet avec l’aide de branche ou de cordes de bénéficier d’un toit et d’un tapis de sol (très utile, permet de s’isoler du froid remontant du sol). Le choix d’une tente est tout de même préférable si vous n’êtes pas habitué au « bushcraft » et si vous avez des enfants. En temps de crise, un minimum de confort est bon pour le moral. Sans compter qu’une tente permet, en raison de son caractère isolant, de facilement se réchauffer rien qu’avec la chaleur corporelle.
  • Une tente d’urgence : une alternative pour moins de 200 grammes et une vingtaine d’euros. Mais comme son nom l’indique, c’est vraiment en cas d’urgence.
  • Le poncho transformable en tarp ou des sacs poubelle de 100 litres. Permet également, tout comme la bâche, de récupérer de l’eau, de s’abriter, de se couvrir, de constituer un tapis de sol, de transporter des charges…
  • Rien – Certains pourraient se la jouer en mode survie et espérer construire leur cabane. Sauf que l’on ne trouve pas partout du bois et que construire une cabane demande de l’énergie. Or celle-ci doit être préservée.

Module « dormir » du sac d’évacuation

  • Deux sacs poubelle : sert à tout, comme voir plus haut. Bourré de feuille, fait un excellent matelas dans la nature.
  • Un tapis de sol : en mousse ou autogonflants. Certains modèles légers et compacts sont parfaits pour un sac d’évacuation. Peut servir autant dans la forêt que dans un gymnase.
  • Un duvet/sac de couchage : de préférence polyvalent et compact (doté d’un sac de compression). Certains sacs sont polyvalents selon les saisons et pèsent moins d’un kilogrammes. Le duvet dépendra forcément de la région. Une évacuation au Quebec ou sur la Côte d’Azur en novembre n’exige pas le même équipement.
  • Pour ceux qui souhaitent demeurer en mode survie, ou en complément pour les autres : une couverture de survie épaisse et réutilisable de type bivvy bag de chez adventure médical. A placer dans tous les sacs de rando ! Cet équipement permet en effet pour quelques dizaines de gramme de bénéficier d’un excellent rendement en terme de régulation de la température.
Tente dans les bois
La tente dans les bois, fantasme de l’évacuation survivaliste? Ztasel / Pixabay

Module « respirer » du sac de survie

Essentiel en cas de catastrophe créant beaucoup de poussières, de fumées ou en cas d’attaque/d’accident chimique :

  • Masques anti-poussière
  • Masque à gaz à cartouche + cartouches (dure environ une demi-heure. Attention toutefois à la législation. Certains pays classent les masques à gaz dans la catégorie des armes !
  • Un bandana

Module « hydratation/eau » du sac d’évacuation

Ce module peut être rapidement encombrant et lourd. En effet, pour s’hydrater, cuisiner, assurer un minimum d’hygiène, il nous faut au moins 4 litres d’eau par jour. En se limitant uniquement aux besoins en termes d’hydratation, en moyenne 1,5l (tout dépend des température, du climat…).

Pour 72 heures, cela représente tout de même 4,5l/jour, soit 4,5kg sans les contenants !

Si votre environnement présente de nombreuses sources d’eau (rivières, fleuve…), c’est le top. Prévoyez une bonne gourde pour tenir le coup et pour servir de contenant et prévoyez de quoi filtrer et traiter l’eau. Rappelons qu’il est ultra dangereux de boire de l’eau non-potable et, en temps de crise et en l’absence de soignants, il ne vaut mieux pas tomber malade !

A prévoir donc (piocher dans la liste) :

  • Bouteilles standards d’eau
  • Gourdes polyvalentes de type Nalgene (résistant aux chocs, aux hautes températures…)
  • Des gourdes ultra légères et pliables de type Platypus.
  • Un camelback ou poche à eau permettant de boire en marchant à l’aide d’un tuyaux
  • Un seau pliable
  • Un filtre à eau à charbon actif de type paille comme le Mini Sawyer ou l’Aquamira Frontier pro
  • Un petit filtre à pompe
  • Des pastilles au chlore pour le traitement chimique de type MicroPure Forte.
  • Un récipient et un petit réchaud permettant a minima de faire bouillir de l’eau.
Gourde et sac d'évacuation
L’eau a bien sûr toute sa place dans un sac de survie subarasikiai / Pixabay

Module habillement du sac d’évacuation

Dépend de votre environnement/ climat. Il faudra penser confort, régulation thermique et polyvalence été/hiver.

A réduire au minimum et a ranger dans un sac étanche et de compression :

  • Un jeu de sous-vêtements supplémentaire (slip/chaussettes)
  • Sous vêtements thermiques longs (idéal l’hiver sous le pantalon ou pour gagner une bonne dizaine de degrés durant les nuits froides.
  • Un pantalon de randonnée léger pouvant être transformé en short
  • Une chemise épaisse
  • Un pull en laine
  • Un coupe vent/imperméable type Kway.
  • Une bonne paire de chaussure (sur soi).
  • Cagoule
  • Paire de gant (pour se protéger du froid et éventuellement, les mains à l’occasion de l’emploi d’outils).
  • Un shemag/bandana en coton : peut servir d’écharpe, de couvre-chef de fortune, de préfiltre pour l’eau…

Pour un gain de place, certains vêtements fonctionnels pourront être placés au dessus du sac. En cas d’alerte, on quitte ses vêtements du quotidien/son pyjama et on enfile ses vêtements ainsi que des chaussures de randonnée en moins d’une minute.

Module hygiène du sac d’évacuation – Le kit toilette

On oublie bien souvent se module en se disant « en mode survie, pas besoin de se laver ! » Ba si, justement, ce n’est pas un luxe. Rester propre évite les maladies et l’inconfort. Or en situation de crise, le mental est roi !

A prévoir :

  • Petite brosse à dent de voyage, tube de dentifrice et fil dentaire
  • Un petit savon de Marseille (nickel pour les cheveux, le corps éventuellement une vaisselle ou la lessive).
  • Un gant de toilette
  • Une cuvette/lavabo pliant (pèse une 50aine de grammes et rend bien des services : vaisselle, toilette…)
  • Beurre de cacao pour les lèvres
  • Tampons/tampx/serviettes hygièniques pour les filles
  • Une petite bouteille de solution hydroalcoolique
  • Un paquet de lingettes pour bébé (utile en l’absence d’eau!)
  • Un rouleau de papier toilette (car c’est mieux que les feuilles d’arbre – et c’est aussi toujours une question de confort psychologique).
  • Des mouchoirs en papier.

Module « soins – premiers secours » du sac d’évacuation

Pour les petits et gros bobos, les troubles passagers… Un kit « bobologie » et un trauma kit n’est pas un luxe, tout comme une petite pharmacie.

A prévoir :

  • Traitements courants
  • Médicaments divers : anti-diarrhée, anti-histaminique, anti-constipation, anti-nausée, anti-inflammatoire, antibiotiques à large spectre, médicaments pour la digestion, aspirine/paracétamol… Consulter au préalable votre médecin !
  • Pansements (standards, anti-brûlures, anti-ampoules (seconde peau)
  • Crème pour les pieds
  • Gel d’arnica pour les douleurs musculaires
  • Bande de strapping
  • Écharpe d’urgence
  • Lingettes imprégnées ou alcool à 70° pour désinfecter
  • Lotion anti-moustiques
  • Crème solaire
  • Coussin hémostatique ou Quick Clot pour les plaie importantes à fort saignement) – Voir pansement israélien ou garrot si on sait l’utiliser.
  • Atèles de secours
  • Petit manuel de premier secours
  • Paire de ciseaux

Retrouvez ici notre article sur la trousse de secours EDC.

Module feu du sac d’évacuation

Faire un feu peut s’apparenter à une importance primordiale pour se réchauffer, se réconforter, se signaler et cuisiner.

A emporter (au choix)

  • Des allumettes imperméables et tempêtes (waterproof et windproof) tenues dans un sac imperméable.
  • Un briquet bic ou autre marque, du moment que cela fonctionne. Le must à part en temps de grand froid. Il peut en effet avoir des ratés.
  • Un zippo ou briquet tempête à essence (prévoir une petite bouteille d’essence à briquet pouvant servir à faire démarrer un feu). Attention toutefois : à l’intérieur de ce type de briquet, l’essence s’évapore !
  • Un firesteel ou pierre à feu. Outils de prédilection des survivalistes et adeptes du bushcraft. Il faut toutefois avoir une certaine maîtrise pour créer de bonnes étincelles capables d’allumer un feu. Ne pas savoir s’en servir n’apportera que des frustrations, ce dont nous devons nous passer en situation de survie !
  • Des bougies magiques (idéal en temps de grands vents… S’éteint difficilement)
  • Des bougies standards
  • Un combustible d’urgence comme du coton imbibé de vaseline – Car sans combustible, une flamme ou des étincelles ne servent à rien !
Briquet et kit de survie
Les moyens de faire du feu: ce que l’on met en premier dans son sac d’évacuation – moritz320 / Pixabay

Module « lumière » pour s’éclairer dans le sac de survie

Essentiel pour marcher la nuit ou y voir quelque chose lors des bivouac, pour lire une carte la nuit…

  • Bougies (encore et toujours!)
  • Une petite lampe torche à manivelle et dynamo ou torche tactique à piles.
  • Une lampe frontale : le must avec la petzl e+lite, ultra-compacte.
  • Bâtons lumineux de type Cyalume ou lightsticks
  • Jeu de piles supplémentaires (l’idéal consiste à posséder du matériel peu gourmand fonctionnant avec le même format de piles, les plus courantes sur le marché : les AA LR06 ou AAA LR03).
Sac de survie/évacuation et lampe
Dans le kit de survie, l’emport d’une bonne lampe torche est indispensable – Digital_Stuff / Pixabay

Module « nourriture » du sac d’évacuation

Nous l’avons déjà précisé, mais petit rappel. Il ne s’agit pas de s’improviser survivaliste, trappeur ou homme des bois. Inutile de compter sur le produit de la chasse ou de la pêche pour se nourrir. Cela nécessite de la technique, du gibier, de la patience et du temps. Enfin, cela nécessite de grosses dépenses d’énergie. Si vous dépensez 1000 calories à chasser, il faut au moins en obtenir l’équivalent, sinon, c’est le déficit !

Autre point d’interrogation : est-il utile de manger ? On connait (presque) tous la règle des trois : 3 minutes sans respirer, 3 jours sans boire, 3 semaines sans manger. Ainsi, rester à jeun 3 ou 4 jours n’est pas en soit mortel. Toutefois, pour le confort psychologique, c’est essentiel. Idem si vous devez marcher, porter, pédaler, grimper… Bref, brûler de l’énergie. Il est donc nécessaire de prévoir 3 jours de nourriture par personne pour de telles circonstances, soit près de 7000 calories.

Quelle nourriture choisir ? Vous pouvez vous tourner vers les rations de combats (MRE, rations militaires françaises) et la nourriture type de survie (biscuits de survie, plats iophylisés/déshydratés)… Mais cela représente un certain coût (et un certain encombrement s’agissant des rations militaires.

Si vous disposez d’eau en abondance, il vous est possible de prendre 1kg de pâtes ou 500 gr de coquillettes/500 gr de riz. La semoule et le blé peut être également un bon compromis. Ces féculents pourront êtres agrémentés de quelques viandes en boites (corned beef) ou en bocaux (paté, terrines) ainsi que des petites boites de sauces et de légumes.

En l’absence d’eau, mieux vaut emporter des rations en boites en privilégiant les plats préparés (raviolis, cassoulet, choucroute…)

A prévoir également :

  • Sel et poivre en petit pot
  • petits tubes de sauce
  • Bouillon cube
  • Soupes en sachet
  • Café/thé et infusions solubles
  • Barres de céréale, biscuits et friandise.
  • Petite bouteilles de quelques centilitres de sirop ultra-concentré. Permet d’améliorer le goût d’une eau que l’on vient de traiter pour la rendre potable.

De nouveau, insistons sur l’importance du moral, surtout si vous avez des enfants. La situation est déjà difficile pour cela. Inutile de leur imposer de manger de la nourriture dégoûtante ou inhabituelle !

Aliment à éviter : les nouilles chinoises déshydratées : elles ne nourrissent pas et présentent bien trop de sel. Elles auront plus tendance à vous déshydrater vous-même !

Module « cuisine » du sac de survie

Si vous disposez d’eau et de nourriture impossible à consommer tel quel (froid, dans la boite…)

  • Une popotte (adaptée à votre famille) et des couverts
  • Une gamelle en alu ou inox d’au moins deux litres pour la cuisine, faire bouillir de l’eau…
  • Un petit réchaud à gaz et une cartouche de secours.
  • Pour voyager léger pour les bushcrafteurs : les petits réchauds brûle-tout ou les minis réchauds de type Esbit.
  • Des filtres à café (permet aussi de filtrer l’eau
  • Une petite boite de type tupperware pour le doggy-bag. Il ne s’agit pas de brader des éventuels restes !
  • Une éponge pour la vaisselle (même sommaire!).
Réchaud
Réchaud et sac d’évacuation – Clker-Free-Vector-Images / Pixabay

Module « outillage » du sac d’évacuation

Ce module dépendra également de vos capacités d’emport et de votre environnement. Quelques idées :

  • 10 mètres de cordes (pour réparer, faire un abri d’urgence… Le must demeure la « paracorde ou corde de parachute présentant 7 brins pouvant être séparés.
  • Un peu de fil de fer pour bricoler (ou faire des collets pour chasser. Toutefois, cela nécessite de la patience et de la technique… Et du gibier. Pour se nourrir, mieux vaut emporter un peu de nourriture, cf le module « se nourrir »)
  • Petit kit de pêche. Idem, il faut de la technique, une rivière poissonneuse… Mieux vaut emporter sa nourriture !
  • Du gros scotch toilé ou duct tape. Un rouleau ou quelques mètres enroulés autour d’une vieille carte plastifiée. Permet de réparer à peu près tout !
  • Un couteau suisse
  • Un multitool. Vous pouvez opter pour le must : le swisstool de chez Victorinox ou les pinces multifonctions Leatherman. N’oubliez pas toutefois que votre sac doit rester complet. Il ne s’agit pas de se servir du Leatherman tous les jours et de ne pas l’avoir dans le sac au moment venu. C’est pourquoi une pince pas cher fera très bien le boulot.
  • Un couteau à lame fixe avec une lame épaisse pour les grosses besogne, de type « couteau de camp ». Gare à la législation en vigueur à se sujet !
  • Une pierre à aiguiser (voir si utile. Votre couteau se doit de tenir quand même quelques jours sans avoir à être aiguisé. Dans le cas contraire, votre lame est trop molle ou l’acier est de piètre qualité.
  • Une scie pliante
  • Une pelle pliante (pour faire ses besoins, retourner un sol un peu dur avant d’y placer sa tente…)
  • Une hachette type hachette de ménage. Pour une évacuation en forêt, permet de faire du petit bois facilement. Attention toutefois au poids : une bonne hachette doit avoir un pouvoir d’inertie important et présenter un poids compris entre 600 et 800 grammes. Parfois, un bon couteau de camps à lame fixe et un petit rondins permettent aisément de réaliser les mêmes tâches avec la technique du batonnage.
  • Un petit kit de réparation/ couture avec du duct tape (encore!) de la colle forte, des boutons, du fil, des aiguilles, une petite paire de ciseaux, des lacets de rechange (rien de pire qu’une marche ralentie à cause d’un lacet cassé!)…

Module administratif et « navigation » du sac de survie

Il s’agit, grâce à ce module, de sauvegarder ses données les plus précieuses, de s’identifier face aux forces de l’ordre ou aux urgences, et de se repérer dans l’environnement afin de trouver l’itinéraire le plus court et simple menant au point de chute.

  • Clef usb étanche et cryptée avec les sauvegardes de papiers importants.
  • Portefeuille avec l’ensemble des papiers
  • Quelques centaines d’euros en petite coupure
  • Carnet et stylo.
  • Smartphone et pochette étanche
  • Batterie externe de 10 000 mah
  • Eventuellement GPS
  • Cartes routières locales, régionales nationales et internationales (tout dépend le danger à fuir et son étendue!)
  • Boussole.
Orientation et boussole
L’évacuation en pleine nature nécessite l’emport d’une boussole – nadild08 / Pixabay

Module « accessoires divers »

  • Pour communiquer, talkie-walkies (un talkie en état de marche dans le sac de chaque membre de la famille/du groupe), une radio ou un téléphone satellitaire (ces deux dernières solutions sont plus onéreuses!)
  • Un petit poste radio à pile et dynamo. Permet de se tenir informer de la situation (bulletins d’alerte, infos…)
  • Un sifflet pour se signaler
  • Un miroir de signalisation
  • Des fusées de détresse
  • Un gilet de sauvetage en cas d’évacuation par bateau/par voie d’eau.

Module « défense »

Un module à prendre avec des pincettes pour deux raisons : d’une part, la législation en vigueur réglemente le transport et le port de certaines armes. D’autre part, en cas d’évacuation dans un contexte situé en dehors de « l’effondrement de la normalité » (les lois s’appliquent toujours), vous auraient soit l’air bête avec votre fusil de chasse à la main (au mieux) ou vous finirez en prison.

Le minimum toutefois en milieu urbain ou rural : la bombe lacrymo.

En effet, bon nombre de survivalistes fantasment sur les armes. Toutefois, rares sont, dans notre histoire, les cas où il fut nécessaire durant une évacuation de se défendre à coup de fusils…

Module « connaissances et compétences ».

Il s’agit d’un module qui ne pèse rien : il s’agit tout simplement de l’ensemble des connaissances dont vous disposez et de votre savoir-faire. D’où l’importance de s’entrainer, de lire, de mettre en pratique diverses techniques afin d’être prêt le jour venu : trecking/camping, cuisine outdoor, marche et sport, chasse, pêche…

Il ne faut pas oublier également le savoir-être. L’on se croit bien souvent plus fort que l’on ne l’est réellement… Mais parfois, c’est l’inverse !

Pensez également aux situations d’urgence et passez votre formation PSC1!

 

Alors, prêt à vous constituer votre sac de survie? Si vous avez constitué votre propre kit, n’hésitez pas à poster vos photos et à compléter la liste en commentaire.

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