Pochette buck et couteau ouvert

Le Buck 110 Folding Hunter, un couteau de légende

Dans cet article, nous allons passer en revue les caractéristiques d’une légende en matière de couteaux de poche : le Buck 110. Considéré comme le premier couteau de chasse pliant, le Buck 110 Folding Hunter a connu et connaît encore depuis ses débuts dans les années 60 une énorme notoriété internationale. C’est pourquoi il fut l’un des couteaux les plus copiés, mais jamais égalé ! Les contrefaçons grossières de ce canif à lame bloquante produit par Buck Knives pullulent en effet sur le marché.

Avant de nous pencher sur la description, les avantages et les inconvénients du Buck 110, nous nous attarderons sur l’histoire atypique de Buck knives, ainsi que sur celle du fameux couteau de chasse de la marque.

Pochette buck et couteau ouvert
Avec son étui

L’histoire de Buck knives

Buck Knives est un fabricant de couteaux américain basé dans l’état d’Idaho. Selon la marque, Buck existe depuis 1902. Or, l’entreprise fut réellement créée en 1961… La raison en est simple. Le fondateur historique, Hoyt H. Buck, a bel et bien fabriqué son premier couteau en 1902 à Mountain Home dans l’état d’Idaho… à l’âge de 13 ans ! Soit trois ans après être devenu apprenti forgeron au Kansas. C’est aussi cette année là qu’il développa une méthode pour traiter à chaud l’acier pour les houes et pour d’autres outils agricoles. Ce afin qu’ils conservent un tranchant durable. A noter qu’étant jeune et pauvre, il utilisait comme base des lames de limes usées ! En 1907, notre jeune forgeron s’enrôlera dans l’année et abandonnera la coutellerie.

Bien plus tard, durant la seconde guerre mondiale, Hoyt Buck apprend que l’armée américaine manque de couteaux et fait un appel aux dons auprès des particuliers. Il achètera ainsi une enclume et une forge pour se remettre à la forgerie avec son fils.

Les deux Buck s’installeront au sortir de la guerre à San Diego, où ils créeront en 1947 une coutellerie nommée « HH Buck & Son ». Hoyt mourra en 1949, mais la fabrique et la coutellerie continuera son bonhomme de chemin avant de s’organiser en société en 1961. Bientôt, Buck knives embrassera un fabuleux destin dû en partie au fameux Buck 110 Folding Hunter.

L’histoire du Buck 110

C’est le 18 avril 1963, que Buck Knives se lança dans la conception d’un nouveau couteau, très novateur pour l’époque. Il s’agissait de proposer sur le marché un couteau de chasse polyvalent et pliant, alors que la majorité des couteaux de chasse étaient alors constituée de lames fixes. Buck va même au-delà des attentes de la clientèle en créant une lame bowie autobloquante via un ingénieux système de verrouillage. Il s’agit du fameux lockback ou fermeture à pompe largement repris par bien des couteliers depuis. Le résultat explique le succès de ce couteau. Il affiche en effet une solidité certaine lui permettant de rivaliser avec les lames fixes. Le cran d’arrêt backlock était par ailleurs à la pointe du progrès technique au début des années 60. Autre argument commercial massue : Buck Knives accorde aux acheteurs de son Buck 110 une garantie à vie !

Le Buck 110 devint ainsi très rapidement populaire malgré son prix élevé pour l’époque. Depuis ses débuts, Buck aurait produit près de 15 millions de Buck 110 ! Il en fallait moins pour que ce couteau ne devienne un grand classique de la coutellerie. Il constitue par ailleurs le canif le plus copié du monde.

Description du Buck 110 classique et impressions

Le Buck 110 est tellement imité de par le monde que nombre de personnes réfléchissent à deux fois avant d’acheter un vrai Buck 110. Pourquoi en effet mettre 80€ dans un couteau que l’on peut avoir entre 5 et 15€ ailleurs ?

Cette question ne se pose plus lorsque l’on tient en main un véritable Buck 110. Il n’y a plus photo, l’extrême qualité est au rendez-vous ! Voici une petite revue/retex de cette légende de la coutellerie industrielle.

comparatif couteau buck
Un couteau de bonne taille! Le Buck 110 à côté d’un smartphone 5,8 pouces

Premières impressions

Tout d’abord, la première impression que l’on a lorsque l’on sort le Buck 110 de sa boite, c’est celui d’un couteau lourd. En effet, il pèse 210 grammes ! Lorsque l’on a l’habitude des copies et autres « faux » Buck 110, on se laisse bel et bien surprendre. Autre surprise par rapport à ces versions bon marché : la qualité des finitions. Tout est massif, bien ajusté. Les mitres en laiton sont rutilantes. Le manche en ébène doux au toucher… Les rivets sur le manche sont saillants mais arrondis, ce qui apporte un certain confort doublé d’une impression de qualité.

La lame du Buck 110

Passons à la lame maintenant. Celle-ci s’ouvre à deux mains grâce à l’onglier, et ce de manière sécuritaire. En bout de course, un clac caractéristique nous apprend que le cran d’arrêt maintient désormais la lame en position ouverte, et ce de manière bien solide. Il suffit toutefois d’une pression sur le bouton du lock-back à l’extrémité du manche pour débloquer la lame. Autre impression une fois la lame déployée : celui de posséder un bon couteau bien solide avec une lame suffisamment longue pour tout type de travaux. Rappelons qu’en termes de dimensions, le Buck 110 mesure fermé 12, 4 cm pour 21,9 cm ouvert. La lame, quant à elle, mesure 9,5 cm de long pour 2,1 cm de haut. Son épaisseur varie fortement de la base à la pointe, mais la partie la plus épaisse affiche une honorable épaisseur de 3,4 mm !

En termes de forme, la lame affiche un design dit clippoint. On qualifie également ce type de lame de « Bowie ». Très utilisée en chasse, cette forme permet de dépecer le gibier sans percer d’organes. Pour les non-chasseurs, la pointe, très effilée permet d’effectuer des travaux de précision et se révèle en cela très appréciable.

lame canif buck
Lame bowie du fameux Buck

L’acier du Buck 110

Avant 1981, l’acier inoxydable du Buck 110 était le 440C. Le coutelier est ensuite passé jusqu’en 1992 à l’acier 425M. Dorénavant, ce couteau classique comporte une lame conçue en acier 420 HC, présentant une certaine dureté (58HRC) grâce à un excellent traitement thermique. Cette dureté a l’avantage de préserver longuement le coupant. Par contre, une lame dure s’aiguise plus difficilement, et c’est là l’inconvénient. Sortie d’usine, le 110 nous est toutefois livré avec un tranchant rasoir qui tient dans le temps et qui s’entretient grâce à une pierre à aiguiser de grain fin, en respectant une inclinaison de 20°. Autre désavantage de la dureté : le fragilité de la pointe. En effet, en cas de travail forçant sur la pointe, celle-ci préférera rompre que plier. Il convient donc de faire extrêmement attention à celle-ci. Notons enfin, bon point pour le Buck 110, que l’acier 420C s’avère très durable et résistant à la corrosion.

La sécurité backlock

Le cran de sécurité à pompe, aussi appelé « lock-back », fait bien le job sur le Buck 110. La lame est en effet solidement bloquée, ce qui empêche tout accident. Elle ne peut en effet pas se refermer sur les doigts. La lame, ainsi maintenue, ne présente aucun jeu vertical ni horizontal. A noter, comme nous l’avons vu précédemment, que le cran d’arrêt lock back, aujourd’hui largement utilisé en coutellerie, constitue en quelque sorte une invention Buck.

L’étui

L’étui du Buck 110 est quasi aussi légendaire que le couteau lui-même. Les fermiers américains et autres travailleurs de plein air avaient dès les débuts de ce couteau l’habitude de le porter à la ceinture, grâce à la gaine en cuir noir sérigraphiée Buck. Au début des années 2000, la marque passa à l’étui nylon. Mais face à la levée de boucliers des fans de la marque, Buck se remit au cuir.

Aujourd’hui, l’étui est en cuir noir assez rigide et épais. Il comporte un large passant ceinture pour un port à la verticale. Le couteau est maintenu par un rabat refermable par un bouton-pression comportant l’inscription « Buck ». A noter que pour des raisons économiques, l’étui est « made in Mexico ».

Etui cuir
L’étui cuir noir du Buck 110 « made in mexico »

Laiton et corrosion

L’un des inconvénients du Buck 110 réside dans ses mitres en laiton. Bien que très jolies, elles s’oxydent très vite. Il convient donc de graisser le manche et de l’entretenir de temps en temps avec de la pâte à polir.

Vous verrez ci-dessous une vidéo-tuto très instructive sur l’entretien du Buck 110:

Versions du couteau Buck 110

Depuis ses débuts, le Buck 110 a fait l’objet de plusieurs versions. Le grand classique demeure bien entendu le Buck 110 Folding Hunter avec mitres en laiton et manche en bois d’ébène, mais nous pouvons également citer quelques autres versions phares :

  • La version Folding Hunter avec manche ergonomique. Ce Buck 110 s’apparente au couteau classique, mais avec un manche comportant des empreintes pour les doigts.
  • Buck a lancé en 2017 le Buck 110 Auto Knife. Un Buck 110 classique avec ouverture une main de manière automatique. Ce couteau comporte sur le manche en ébène un bouton permettant de faire sortir la lame latéralement d’une simple pression du doigt. Les seules différences visuelles sont : le bouton d’ouverture sur le manche, le petit trou dans la lame permettant de bloquer celle-ci en position fermée et l’absence d’encoche pour l’ouverture avec l’ongle.
  • Le Buck 110 slim/slim pro, plus léger avec un manche synthétique en G10 de divers coloris au choix. Cette gamme comporte également un clip de poche remplaçant la pochette ceinture, et une lame en acier S30V. On retrouve bien sûr un peu le design du Buck 110 classique, mais le look est ici plus moderne.
  • Une version quasi similaire au Buck 110, mais plus petite : le Buck 112 avec une lame de 3 pouces.
  • Le Buck 110 version lame fixe.
  • Une version pro : le Buck 110 Pro. Ce Buck, assez similaire au folding hunter classique, est équipé d’une lame en acier CPM S30V d’une dureté supérieure (traitement thermique Paul Bos). Le laiton du manche est remplacé par des mitres en maillechort, et les plaquettes ne sont plus en ébène mais en G10.

Conclusion à propos du Folding Hunter classique

Verdict : le buck 110 est un couteau de chasse excellent, mais aussi un couteau à tout faire. Il trouve donc sa place dans un EDC. Son style à la fois rustique et élégant, et son étui-ceinture en cuir ne sont pas non plus pour déplaire aux amateurs de beaux couteaux.

Aux États-Unis, il est également vu comme un bon couteau de survie. Somme toute compact, il possède une lame solide au tranchant durable, une conception robuste, permet à la fois des coupes précises ou de faire des « gros travaux »… Seulement, le cran d’arrêt par lock-back rend son port interdit dans nombre de pays sur la voie publique (c’est le cas en France). Et comme en règle générale le meilleur couteau de survie est celui que l’on a sur soi à l’instant t, il y a de grandes chances pour que ce ne soit pas le Buck 110… Mais plutôt un couteau suisse, un opinel ou un Douk-Douk !

Cran de sûreté Buck
Cran d’arrêt Lockback

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