Canif Douk Douk argenté

Le Douk-Douk, un canif à tout faire made in France

Dans la série EDC et présentation de matériel divers et utile pour le quotidien, nous vous présentons un couteau de poche bien connu des initiés : le Douk-Douk ! Reconnaissable entre mille en raison de la forme de sa lame en « cimeterre » et la traditionnelle gravure qu’elle comporte, ce petit couteau fait la joie des collectionneurs et de ses utilisateurs de tous les jours. Robuste, compact, tranchant et made in France, revenons sur l’histoire de ce canif fabriqué à Thiers avant de faire la présentation de ses multiples qualités.

Histoire du Douk Douk

Le Douk Douk fut fabriqué pour la première fois en 1929 par la coutellerie « M.C.Cognet », située à Thiers, la capitale française du couteau. Au départ, ce petit couteau de poche à l’aspect très exotique était destiné au marché de l’Océanie. Pour la Mélanésie, pour être plus précis.

D’ailleurs, son manche en métal est frappé d’un emblème ressemblant plus ou moins à un sapin de Noël muni de jambes. Une figure choisie par Gaspard (dit Gaston) Cognet, l’inventeur en personne de ce canif. Il s’agit en fait d’un sorcier muni d’un masque traditionnel et dont le corps est recouvert de feuilles de palmier, imitant ni plus ni moins un esprit de la culture mélanésienne appelé tout simplement… Douk Douk ! Un dieu punisseur dont le rôle était de faire passer les enfants à l’âge adulte lors d’un rite initiatique.

Divinité Mélanésienne
Le dieu mélanésien Douk Douk – Crédit: Internet Archive Book Image sur Flickr

Les retombées en Mélanésie s’avérèrent décevantes, mais, rapidement, ce couteau connut un certain essor en Afrique du Nord et notamment en Algérie, alors colonie française. Les raisons de ce succès ? Une lame de bonne facture et un prix adapté aux besoins de Monsieur et Madame tout le monde. Les algériens s’en servaient alors comme couteau de tous les jours ainsi que comme rasoir. Petit bémol toutefois : les combattants du FLN voyaient au travers de ce couteau de poche traditionnel une arme facilement dissimulable. Si bien que la France en interdit l’importation sur le sol algérien et procéda à de nombreuses saisies. Des Douk Douk furent détruits tandis que d’autres finirent dans la poche des soldats français qui en firent un couteau à manger. Puis ce drôle de canif gagna le Liban, l’Indochine,et de nombreux pays africains au grès des campagnes militaires.

Ironie du sort, ce couteau Made in France ne sera réellement connu dans l’Hexagone qu’avec la décolonisation de l’Algérie avec le retour des troupes mais aussi grâce aux algériens expatriés en France.

Présentation d’un Douk Douk et avis sur ce couteau

Voici ici une petite revue d’un Douk Douk classique de 200 mm (voir photo).

De prime abord, ce canif se présente comme un couteau respirant le savoir-faire artisanal des coutelleries françaises, mais sans fioriture. Il détonne toutefois en raison de sa forme exotique. Voyons de plus près ce petit couteau auvergnat.

Le manche

Son manche, de 11 cm de long environ, se compose uniquement d’une feuille d’acier pliée à froid. La couleur gris foncé est due à un traitement particulier, dit « bronzage d’arme ». Le même traitement que subit notamment les canons d’armes à feu.

Ce manche est muni d’un rivet servant à mouvoir la lame d’un côté, et de l’autre, un autre rivet maintenant une boucle d’accrochage servant à attacher un cordon (boucle appelée « bélière »). La face verso porte l’emblème du dieu Mélanésien et la mention « Douk-Douk, modèle déposé » tandis que la face verso demeure vierge. La forme du manche en elle même demeure très caractéristique et s’avère somme toute ergonomique, bien qu’un peu anguleuse. On sent d’entrée de jeu la robustesse et la qualité de ce couteau, mais ce qui interpelle le plus, c’est sa légèreté et son aspect résolument plat. En effet, il affiche plus ou moins 6mm d’épaisseur et un poids de moins de 70 gr.

La lame

Passons maintenant à la lame. Cette dernière apporte résolument toute la personnalité de ce canif. Rappelons-le, ce couteau de poche était destiné au marché mélanésien. Afin de coller avec la culture locale, ce couteau présente une lame au dos bosselé comparable à un cimeterre miniature. Sur le verso, une gravure à l’acide teintée de noir barre une large part de la surface de la lame. Au milieu des dessins en forme d’arabesques figure la mention « Douk-Douk ». Cette lame, à l’acier au carbone de bonne facture, présente un bon tranchant en sortie d’usine. A l’usage, comme toute lame à l’acier carbonée, le Douk Douk nécessite un affûtage régulier. Cet affûtage est toutefois très aisé ! En termes d’épaisseur, la lame du Douk Douk affiche 2,5 mm, ce qui augure une lame solide pour un couteau de poche. Sur la version 200 mm (dépliée), cette lame est longue de 9 cm environ. De nouveau, une taille honorable pour un canif de ce poids !

En termes de sécurité, la lame affiche trois positions : fermée, ouverte et semi-ouverte grâce à un ressort. La lame se bloque en effet légèrement à mi-course formant avec le manche un angle à 90°. Cela permet, entre autres, de ne pas refermer directement la lame sur les doigts des plus maladroits. Il convient toutefois de faire attention ! En position semi-ouverte, les fans du film Stalingrad y verront également un crochet de fortune. En position ouverte, enfin, la lame ne présente aucun jeu et reste bien en place, sans toutefois être bloquée par une virole, un cran d’arrêt ou un système de type « linerlock ». On parle effectivement ici de couteau à « cran forcé ».

A noter enfin que l’acier au carbone n’est pas inoxydable et nécessite un soin particulier afin qu’il ne rouille pas. Il est donc déconseillé de le laver au lave-vaisselle, de le laisser séjourner dans l’eau ou de le ranger sans l’essuyer s’il est humide. Un petit nettoyage régulier à l’huile est le bienvenu !

Canif Cognet Douk-Douk
Douk Douk classique – Crédit: jeremiah.andrick (Créative Commons CC BY)

Un Douk Douk, pour quoi faire ?

Il s’agit résolument d’un couteau à tout faire : pour la chasse, la pêche, pour manger, couper le pain et le saucisson… Rappelons que dans certains pays comme en France, le port d’un tel couteau est interdit sur la voie publique !

Un Douk Douk, classique ou spécial, constitue une bonne idée de cadeau pour tous les amateurs du genre.

Les différents modèles

Le Douk-Douk a connu une folle histoire sur le continent africain. On l’appelait Douk Douk en Algérie à ses débuts, mais aussi le Baraka en Afrique du Nord ou le Tiki dans les îles du Pacifique. Plus tard, dans les années 50, on vit arriver le modèle RDA (pour  Royal Drums Ancestors lu aussi comme « Rassemblement Démocratique Africain »). Puis, très récemment, le modèle Vendédouk. Un Douk Douk dessiné par les couteliers Fred Perrin, Laurent Bellini, Julien Moroselli et Elsa Fantino. Ce dernier, comme tous les Douk Douk, sont toujours aujourd’hui fabriqués à Thiers par les ateliers de la coutellerie Cognet.

Le couteau Douk Douk se décline aujourd’hui en différents modèles :

Le véritable couteau Douk Douk original en version 200 mm ou en 160mm (lame acier au carbone).

Le géant (260 mm, lame acier au carbone).

Le chromé (160mm ou 200mm avec lame inox ou acier au carbone)

Les colors (160 ou 200 mm) en version jaune, rouge, vert ou bleu. Ces derniers présentent un manche coloré mais également une lame nouvelle génération en acier inoxydable Z70 CD15 (acier chirurgical).

Les déclinaisons historiques : l’écureuil, le Tiki ou El Baraka.

Canif Douk Douk argenté
Le canif Douk Douk chromé Crédit: Frédéric BISSON ( Créative Commons cc by)

Quel est le prix d’un couteau Douk Douk ?

Voilà l’un des derniers avantages du Douk Douk, son prix ! La version traditionnelle en 200 mm tourne autour d’une vingtaine d’euros. La majorité des autres versions (hormis les éditions très spéciales) avoisinent les 30 euros.

 

Pour toute infos complémentaires sur ce couteau et les anciens modèles de collection: lecouteau.info

Le site vitrine de la coutellerie

 

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