Enfant dans un canoé - zerov12 / Pixabay

Se mettre au canoë: comment bien choisir sa première embarcation?

Vous habitez près d’une rivière, d’un lac, d’un marais et souhaitez vivre de nouvelles aventures au fil de l’eau ? Le canoë est fait pour vous ! Digne héritier des pirogues de l’Amazonie et des canoës indiens ou canadiens, les canoës d’aujourd’hui se déclinent en version 1, 2, 3 ou 4 places et sont propices pour la balade en eau calme. Ils sont également parfaits pour la randonnée courte ou longue, l’emport de petit matériel ou la pêche, à l’instar de leurs ancêtres composés de bois recouvert d’écorce ou taillés dans un tronc (pirogues monoxyles). Les amérindiens avaient en effet l’usage de ces embarcations pour l’exploration, la chasse, la pêche et la cueillette. Il s’agissait d’un véritable moyen de déplacement pour le quotidien.

Vous cherchez à acheter un canoë neuf ? A moins qu’un canoë à vendre en occasion vous convienne davantage ? Avant de vous lancer à la recherche du canoë idéal, on fait le point. Avantages du canoë, différences entre un canoë et un kayak, taille, poids, rapidité, stabilité, maniabilité, solidité, confort, conseils d’achat… Suivez le guide !

Vieux canoé en bois amérindien
Un canoé des origines! – Enlightening_Images/ Pixabay

Le canoë : une embarcation pleine d’avantages !

Pour se balader en rivière dans une embarcation légère, chacun a tendance à rechercher sur Internet des informations sur les « canoë-kayak ». Sauf que le canoë-kayak constitue une discipline sportive, et non une embarcation en tant que telle. Il existe en fait des canoës ET des kayaks. Vous connaîtrez (enfin!) la différence profonde entre canoë et kayak dans cet article. Pour faire bref, un kayak est bien souvent plus léger, plus profilé, adapté (la plupart du temps) aux eaux vives. On s’assied dans le fond de l’embarcation et on s’aide d’une double pagaie. Avec un kayak, on ressort généralement mouillé. Le port d’une combinaison en Lycra est plus que conseillée ! ( voir aussi ici les équipements indispensables pour faire du kayak).

Avec un canoë, c’est tout le contraire. L’embarcation est également légère, mais n’est pas profilée comme un kayak et n’est pas faite pour la mer ou les eaux très vives. Toutefois, le canoë dispose d’une foule d’avantages. Essayons de les lister ici :

  • A moins de faire le foufou, le canoé ne mouille quasiment pas. On est en effet assis sur des petits bancs, ce qui est bien différent d’un kayak où l’on est assis dans le fond (seuls les canoës de compétition pour la course demandent à leurs occupants de se placer à genoux sur le fond de l’embarcation) On utilise également une pagaie simple qui mouille bien moins qu’une pagaie double. Néanmoins, signalons qu’une pagaie double avec un canoë peu faire l’affaire et permet d’avancer plus vite.

 

  • Nul besoin de s’habiller différemment pour faire du canoë. En effet, comme on se mouille peu, la tenue spéciale n’est pas de rigueur. Cela change tout. Nous n’avons pas besoin de prévoir forcément un changement d’habit et un passage par la douche illico après la balade. Ainsi, on est bien plus enclin à se faire une petite balade, même à l’improviste.

 

  • Un canoë est stable. En moyenne, leur largeur varie entre 90 cm et 1 mètre. Le fond est plus ou moins plat, et la longueur est comprise entre 4 et 5 m. Il s’agit ni plus ni moins d’une petite barque dans laquelle on se sent plus proche de l’eau.

 

  • Un canoë n’est pas très cher. Comptez un prix d’entrée de 800 euros pour les canoës neufs. Ces prix peuvent s’élever jusqu’à 2000 euros pour les canoës plus « haut de gamme ».

 

  • Un canoë est léger. Le poids d’une telle embarcation varie généralement entre 34 et 40 kg.

 

  • Même si un canoë est généralement moins rapide qu’un kayak, les performances sont très remarquables quand on est à plusieurs rameurs avec une bonne répartition du poids.

 

  • Le canoë est parfait pour les longues balades/randos en autonomie. Selon les modèles, ils peuvent emporter des charges de 250 à 580 kg, passagers compris. Il est ainsi aisé d’y placer des bagages qui resteront au sec. Les randonneurs les plus précautionneux prévoient tout de même au cas où des sacs étanches.

 

  • Certains canoës sont construits pour la pêche, à l’instar des kayak de pêche. Ils sont munis de porte-cannes, sont stables et peuvent accueillir sur la partie arrière un petit moteur à bateau électrique relié à une batterie marine en 12 volts..
Expédition dans la nature en canoé
Expédition en canoé – AlainAudet / Pixabay

Et les inconvénients d’un canoë ?

Bien souvent, un canoë sera moins rapide qu’un kayak et sera moins polyvalent. Il se cantonne en effet aux eaux calmes.

Autre bémol : même s’il est léger, le canoë se transporte difficilement du fait de son encombrement. Comptez au moins 4 mètres pour les canoës deux places ! Difficile donc de les transporter en voiture, hormis sur la galerie ou dans une remorque adaptée.

Quelles sont les grandes marques de canoës ?

Nous retrouvons sur le marché trois grands constructeurs : Old Town, Pellican et Rotomod. Il existe bien entendu d’autres marques mais nous nous concentrerons ici sur ces trois principaux fabricants.

Old Town

La marque de canoe Old Town conçoit et fabrique au États-Unis des canoës et des kayaks depuis 1898. Née dans le Maine au bord de la rivière Penobscot, l’entreprise a su innover et s’imposer comme un leader en la matière. La compagnie propose différents modèles de 1 à 3 places, parmi lesquels nous retrouvons les canoës Old Town Next (1 place), Old Town Discovery 158 et Old Town Saranac 146 (2 places), Old Town Guide 147 (2 ou 3 places), Old Town Saranac 160 (3 places)…

Pelican 

Autre leader en la matière, Pelican est une entreprise canadienne proposant des canoës de très bonne facture. L’entreprise est également mondialement reconnue pour la conception et la fabrication de kayaks, de canots, de pédalos et de bateaux de pêche. Elle mise maintenant depuis plus de 50 ans sur la technologie du thermoformage afin de proposer des embarcations de qualité et durable a un prix abordable.

Rotomod (marques RTM et DAG) :

Société française bien connue dans le monde du kayak, Rotomod est l’expert de la technologie du rotomoulage. Outre les « Ocean kayak », Rotomod dispose également d’un catalogue de canoës en plastique.

Poids, longueur et largeur d’un canoé

Plusieurs critère dictera de prime abord le choix de votre canoë avant achat : son poids, sa longueur et sa largeur. Ces dimensions se mesurent en cm ou en mètres pour les embarcations françaises. Les mesures sont toutefois différentes pour les canoës canadiens et américains. Elles se réalisent en effet en pieds (1 pied = 30,48 cm) ou en pouces ou inches (1 pouce = 2,54cm).

Le poids du canoë

Le poids du canoé aura des incidences sur sa stabilité et sa réactivité lors des manœuvres. En effet, plus un canoé est léger, plus il se manœuvrera bien. Il sera également très réactif mais manquera d’inertie. Ainsi, il stoppera bien plus vite quand on arrête de ramer. Après, tout dépend de la répartition des charges à l’intérieur.

Pour manœuvrer un canoë hors d’eau, mieux vaut opter pour un canoë léger. Il est également possible d’investir pour un petit chariot à roulettes (une quarantaine d’euros) pour faciliter les déplacements sur terre et la mise à l’eau.

La longueur du canoë

La longueur influe sur la vitesse et la tenue de cap. En effet, plus un kayak est long, plus il est rapide. En effet, à largeur égale (et à charge égale), un canoë long s’enfonce moins dans l’eau, glisse mieux. La tenue de cap est meilleure : il conserve plus facilement sa trajectoire.

Le critère de la longueur aura également un impact sur votre choix si votre but est d’emporter un canoë pour les vacances. Selon le type, il vous sera possible de le transporter soit sur la galerie du toit de la voiture, soit sur remorque.

La largeur d’un canoë

Cette largeur varie généralement entre 90 cm et 1 m. Globalement, plus un canoé est large, plus il est stable. Cela sécurise forcément les passagers en cours de navigation, mais également lors de la montée et de la descente. Néanmoins, cela a un impact négatif sur la vitesse. Tout dépend toutefois du rapport entre largeur et longueur. Un canoë de 5 m avec une largeur de 96 cm sera forcément plus rapide qu’un canoë de 95 cm de large pour 4,20 m de long.

A noter que la largeur se mesure au centre du canoë, entre les deux plats bords de la partie la plus large.

Canoé
Stabilité d’un canoé pour l’embarquement
– tassilo111 / Pixabay

Le type de coque utilisé/forme du canoé

Selon ce que vous souhaitez faire de votre canoë, il est également important de se pencher sur la forme de la coque.

Symétrique/asymétrique

Il existe des canoës de forme symétrique. En gros, la partie avant et arrière sont profilées de manière identique. Cela permet de facilement manœuvrer, aussi bien en marche avant qu’en marche arrière. Il est généralement un peu plus stable. D’autres canoës sont dits asymétriques. L’avant est plus profilé pour maximiser la vitesse en ligne droite.

Le giron ou le rocker

Autre critère de choix sur un canoë : le giron, également appelé rocker. Il s’agit de l’écart entre le fond du bateau en son centre et le fond du bateau au niveau de la poupe ou de la proue. On parle aussi de courbe de la ligne de quille.

Le giron ou le rocker est dit faible lorsque l’écart est inférieur à 4 cm (le canoé garde plus facilement le cap et affiche une certaine rapidité). Le rocker est modéré lorsque l’écart se situe entre 4 cm et 7,5 cm. Il s’agit ici d’un consensus entre vitesse, trajectoire et manœuvrabilité). Au delà, on parle de rocker ou de giron prononcé ou important. Avec un tel giron, le canoë gagne sa vitesse au fur et à mesure, mais il est davantage taillé pour virer facilement, pour manœuvrer. Idéal pour les rivières tortueuses.

Le bouchain

Enfin, avant d’acheter un canoë, il convient d’être attentif à la forme du bordé., c’est à dire, aux parties latérales du canoë que l’on appelle également le bouchain. Le bouchain peut présenter une courbe simple, mais peut également afficher un double voire triple bouchain. Dans ce cas, les bordés présentent plusieurs plans. Cette forme est idéale pour la stabilité secondaire (cf ci-après).

La stabilité primaire et secondaire

On parle de stabilité secondaire quand le bateau est stable à l’arrêt ou lorsque l’on utilise en mode promenade. C’est le propre des canoës à fond plat ou presque présentant un profil peu sportif (idéal pour la balade).

La stabilité secondaire caractérise un canoë demeurant stable même penché, ce qui lui permet d’être adapté aux mouvements plus réactifs, aux manœuvres et aux rivière un peu plus vives. Une coque à double bouchain ou aux bordés plus incurvés permet cette stabilité.

La qualité de l’assise

Il existe différents types d’assises pour un canoé. Les sièges, selon leur design, contribuent à l’esthétique de l’embarcation ainsi qu’au confort qu’ils peuvent conférer. Nous distinguons

  • Bancs moulés dans l’embarcation : On les retrouve dans certains canoës thermoformés. Ces assises sont solides mais le côté esthétique peut laisser à désirer pour certains.
  • Sièges en plastique avec dossier. On apprécie avec ce type de siège le confort lorsque l’on pagaye, notamment lorsque le dossier est réglage (utile afin de ne pas se retrouver allongé dans l’embarcation). A conseiller pour les personnes ayant facilement mal au dos ainsi que pour les expéditions longues.
  • Assises en bois : ce type de banc est dénué de dossiers et se prête pour les petites excursions d’une demi-journée si l’on a le dos fragile. Les assises en bois assurent un design unique et témoignent généralement du caractère haut de gamme du canoe.
Enfant dans un canoé - zerov12 / Pixabay
Enfant dans un canoé bois aux Pays-Bas – zerov12 / Pixabay

Matériaux de construction du canoé

Généralement, nous retrouvons sur le marché trois types de matériaux principaux pour la confection d’un canoë : le polyéthylène thermoformé une couche, le polyéthylène trois couches et le bois.

Les canoës en polyéthylène thermoformé

Ce procédé industriel utilise une feuille de plastique de type polyéthylène haute densité qui est chauffée et moulée pour lui donner la forme d’un canoë. Ce type de construction permet de construire des canoës durables et résistants aux impacts. En effet, le polyéthylène est un plastique souple, capable de se déformer lors d’un choc et de retrouver sa forme illico. Cette capacité à absorber les chocs est assez appréciable mais il convient de signaler qu’un canoë en polyéthylène simple couche peut se voir légèrement déformer s’il est mal stocké. C’est le cas notamment lorsqu’il est retourné et le fond exposé au soleil. Bien que résistant, un tel canoé est également plus facilement victime d’égratignures. En résumé, un canoë en polyéthylène simple couche thermoformé est parfait pour les promenades occasionnelles et se conserve longtemps pourvu que l’on sache en prendre soin. Son prix est également très abordable.

A noter qu’il existe des canoës-kayaks thermoformés employant d’autres matériaux plastiques que le polyéthylène.

Canoé amarrés
Port à bateaux et canoés – csr_ch / Pixabay

Les canoës en polyéthylène trois couches

Cette technique de construction développée par Old Town dans les années 1980 utilise deux fines couches de polyéthylène emprisonnant dans une sorte de sandwich une fine couche de mousse. Ce type de construction a pour avantage de permettre une certaine solidité, une meilleure rigidité, mais également une flottabilité exceptionnelle, quand bien même le canoé serait rempli d’eau. La mousse assure effectivement une flottaison intégrée et un isolant thermique. Ils sont également un peu plus légers que les canoës en polyéthylène à couche unique (car les couches linéaires unique utilisent d’entrée de jeu une feuille de plastique plus épaisse).

A noter qu’à taille égale, les canoés en polyéthylène trois couches sont quelques centaines d’euros plus cher que les version en couche unique.

Canoës en bois

Il est rare de trouver des canoës en bois sur le marché du neuf. Toutefois, il est aisé d’en dégoter en occasion, souvent vendu en l’état. La plupart ont été été construits au cours de la première moitié du XXème siècle par des charpentiers et des amateurs de bateaux.

Les canoës en bois, majoritairement réalisés en acajou et en frêne, arborent un look vintage que tout le monde adore. Ils ne sont toutefois pas, de fait, homologués par le constructeur (marquage CE ou division 245).

Les plus bricoleurs adoreront remettre à neuf ce type de bateaux. Le hic : ces embarcations sont vieilles, souvent fragiles, présentent des voies d’eaux nécessitant un calfatage (à l’étoupe et au brai)… A moins que le canoë ait subi un traitement à la résine époxy à renouveler (avec éventuellement des joints siliconés).

Lake Boats Travel Adventure Canoes - D_F_K / Pixabay
Anciens canoés en bois – D_F_K / Pixabay

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