Vers la fin de la télévision? La TV, c’est démodé!

Ah, la télévision ! Cette technologie phare de la seconde moitié du XXème siècle a déjà rythmé le quotidien de quatre générations. Pourtant, bien que le « petit écran » (de taille désormais démesurée) trône toujours dans la quasi-totalité des salons en Occident, la télévision en tant que média disparaît peu à peu sans que nous en soyons conscients. En effet, de nombreuses études s’accordent sur le sujet : la consommation de télévision s’effondre chez la jeune génération. Est-ce à dire que cette dernière déserte les écrans ? Dans un monde caractérisé par l’omniprésence des images, c’est tout le contraire ! Alors, que se passe-t-il ? Pourquoi annonce-t-on la fin de la télévision?

Les causes de la future fin de la télévision

Nous pouvons aisément expliquer ce phénomène par la tendance actuelle de notre monde à la singularité. Une société où le néo-téléspectateur, à la fois individualiste et altruiste, est sans cesse en quête de responsabilisation, d’autonomie et d’interactions. Une apparente ambivalence née concomitamment à la démocratisation d’Internet. Désormais, chacun a ses yeux rivés sur le smartphone ou la tablette. On ne parle plus forcément à son voisin mais on chatte avec un individu à l’autre bout du monde. On like une vidéo, on dislike, on squeeze, on choisit son programme… En résumé, nous n’avons jamais autant « interagi dans l’individualisme » tout en bénéficiant d’une liberté quasi totale. On passe d’une plateforme à une autre, d’une vidéo à une autre, d’un profil à un autre…. Tout cela grâce à des moteurs de recherche ou des algorithme. Cette soif de « liberté » commence à gagner les anciennes générations. Les plus jeunes ne connaissent que cela ! Pour certain d’entre eux, il n’y a pas vraiment de fin de la télévision. La TV n’existe déjà plus.

Changement de stratégie pour la TV

Ce changement de paradigme et de mode de pensée, le monde de la télévision l’a bien compris. Il n’est pas resté de marbre et tente, autant que possible de rattrapper les plus jeunes en étant davantage à leur écoute. Également, nous avons assisté ces dernières décennies à une explosion de chaînes thématiques ne s’adressant non plus aux masses, mais bien à l’individu. En effet, nous n’avions il y a de cela quelques décennies que 3 chaînes. Désormais, elles s’affichent par centaines. On parle de chaînes d’équitation, de football, de pari, de poker, de téléfilms, d’infos… Une stratégie qui ne résiste toutefois pas au rouleau compresseur Internet. En parallèle, se développent à vitesse grand V les plateformes de vidéos à la demande disruptant (pour parler le langage start-up !) le marché. Le produit séduit : en échange d’un abonnement, chacun peut avoir accès à des centaines de séries en quelques clics.

Vlogs et vidéos en streaming : où je veux, quand je veux

Internet, c’est aussi un cortège de « vlogs » et de vidéos en streaming, qui, à terme, anéantira la télévision telle que nous la connaissons. Nous pensons bien évidemment au site français d’hébergement de vidéos Dailymotion, mais aussi et surtout au mastodonte YouTube qui affiche des statistiques donnant des sueurs froides à «l’ancien monde » audiovisuel : 1,9 milliard d’utilisateurs et 6 milliards d’heures de vidéos vues par mois, 300 heures de vidéos mises en ligne chaque minute… Une réponse parfaite à la nouvelle demande : un choix incroyable de contenus que l’on peut regarder, partager, commenter, évaluer, et ce en s’affranchissant de toutes contraintes horaires. En mangeant, en travaillant, ou en se reposant, il est désormais possible de suivre des documentaires, des spectacles, des cours, des conférences, des tutos… Un programme non imposé, sur-mesure et en self-service à tout instant sur les appareils nomades renvoyant au rang de vieillerie le poste statique, autrefois maître des horloges ainsi que du « menu ».

Baroud d’honneur : la télévision arrive sur Internet

Selon Schopenhauer, « toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence. » Certaines chaînes de télévisions stagnent encore à la première phase, considérant les plateformes de vidéos comme une simple mode, tandis que d’autres tentent d’affronter sabre au clair ces nouveaux concurrents. Certains enfin, déjà dans l’après, ont bien compris que face à un tsunami, il est préférable de surfer sur la vague plutôt que de tenter de faire barrage. Et c’est ainsi que ces derniers tiennent eux-mêmes leur propre Web TV tout en encourageant la publication de vidéos de fans participant à leur promotion. Dans un monde ou l’avis des internautes et le nombre d’étoiles revêtent davantage de valeur que la recommandation d’un seul expert, il est de bon ton de multiplier le nombre d’ambassadeurs !

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