Biodiversité en danger: comment agir à notre niveau?

La biodiversité s’érode. Le constat des scientifiques est sans appel et ces derniers n’hésitent plus à parler d’anéantissement biologique ou de sixième extinction de masse. Il peut être difficile pour nous, simples citoyens, d’appréhender l’ampleur du phénomène. Toutefois, nous pouvons remarquer quotidiennement de nombreux indices révélant ce désastre.

Les pollinisateurs en danger

Parlons tout d’abord des abeilles. Le « syndrome d’effondrement des colonies » est dû à des causes multiples, telles que l’apparition de nouveaux agents pathogènes, les perturbations climatiques et l’arrivée du frelon asiatique dans nos contrées. Soulignons également le rôle incontestable des pesticides, sources de déficits immunitaires, de malformations congénitales et de maladies neurodégénératives chez ces insectes. Il convient d’apprécier ce problème crucial à la mesure de sa gravité : la santé des pollinisateurs conditionne la reproduction de nombreuses plantes. En cela, ce maillon essentiel de la biodiversité pourrait, à terme, entrainer dans sa chute d’autres espèces animales et végétales. Un véritable choc systémique !

Abeilles pollinisateurs
Les abeilles, espèce en danger PollyDot / Pixabay

La disparition des hérissons et des oiseaux

Nous pouvons également évoquer le cas des hérissons. Plus d’un million d’entre eux seraient chaque année victimes de la circulation routière et d’empoisonnement aux produits phytosanitaires.

Cette funeste crise ne laisse pas les oiseaux en reste. En effet, force est de constater que les printemps sont de plus en plus silencieux… De nombreux facteurs peuvent être pointés du doigt.

Notons par exemple la disparition progressive de leur habitat. Fini les petites granges traditionnelles, les haies bocagères, les espaces sauvages… Bonjour les jardins engazonnés, les espaces aseptisés et les champs ouverts ! En outre, la monoculture intensive, l’agrochimie et la pollution en général, ont pour corollaire non seulement leur intoxication, mais également une diminution drastique du nombre d’insectes leur servant de nourriture. Si la base de la chaîne alimentaire est touchée, rien ne va plus ! Par ailleurs, les oiseaux sont également victimes de certaines espèces invasives introduites par l’Homme ainsi que des changements climatiques bouleversant leurs habitudes migratoires.

Jeune hérisson
Hérisson juvénile Alexas_Fotos / Pixabay

Le cas des anguilles : une espèce menacée

D’autres espèces manquent également à l’appel, cette fois-ci dans nos rivières. C’est le cas du brochet, important régulateur agissant pour la bonne santé de nos voies d’eau. Ce carnassier se reproduisant dans les prairies inondables manque aujourd’hui cruellement de frayères.

Une autre espèce aquatique coutumière de nos rivières est sur le point de disparaître : l’anguille. Cet incroyable poisson a pour habitude de migrer vers la mer des Sargasses afin de se reproduire. La chaleur du Gulf Stream naissant et le taux de salinité y seraient parfaits pour faire éclore les œufs. Elles profitent ensuite du courant chaud pour rentrer au pays, sans se douter qu’un braconnage intense des civelles fait rage dans les estuaires.

6ème extinction de masse, est-il trop tard ?

Les chercheurs jouant aujourd’hui les Cassandre verront demain leur prophétie se réaliser si rien n’est fait d’ici là. On parle en effet d’une sixième extinction de masse! Un sursaut collectif pourrait nous faire échapper à des dysfonctionnements de l’écosystème sans précédent. Mais comme disait si bien Gandhi, « Si tu veux changer le monde, commence par te changer toi-même». Ce premier pas est sûrement le plus difficile à réaliser. Il demeure en effet peu aisé de résister aux sirènes des « bienfaits du monde moderne ». Un modèle de développement ne reposant que sur le court-terme n’engendre pourtant que des externalités négatives…

Pour en savoir plus sur la 6ème extinction de masse ou extinction de l’Holocène (Wikipédia).

Que faire à notre niveau pour protéger la biodiversité ?

Il est possible de pester sur les autres, contre les pollueurs, certains agriculteurs utilisant des produits interdits, etc, etc. Mais nous pouvons contribuer à changer les choses avec de petits trucs simples dans le jardin. Il s’agit notamment de:

  • Ne pas élaguer en période de nidification,
  • S’interdire l’usage de produits chimiques, mais surtout, de pesticides/insecticides.
  • Arrêter d’entretenir un gazon qui ne nourrit pas et ne sert à rien et laisser de la place pour les arbustes, les fruitiers, les petites haies, un potager… Il s’agit d’attirer de nouveau la faune
  • Laisser pousser les fleurs sauvages et surtout les fleurs mellifères.
  • De nourrir les oiseaux l’hiver grâce à des mangeoires, de les abriter grâce à des nichoirs et de les désaltérer avec de petits bassins l’été.
  • Mettre en place des abris à hérissons…

Alors, prêt à relever le défis ?

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