Débuter en macro-photo : difficultés à surmonter, conseils et matériel indispensable

La macrophotographie, vous connaissez ? Si vous possédez un bon appareil photo numérique (APN), notamment un bridge ou un reflex, il vous est sûrement arrivé de tester sur une plante ou un insecte le mode « macro », symbolisé par une petite fleur. Le résultat n’est quasi jamais à la hauteur de nos attentes… Les détails ne sont pas présents comme on le voudrait, la photo semble trop sombre…

Quel est donc le secret pour réussir de tels clichés ? En fait, la macrophotographie ne se limite pas au mode macro automatique, loin s’en faut.

La macro photo constitue en effet une discipline ultra exigeante posant une multitude de difficultés et réclamant du photographe de posséder une certaine expertise en techniques photos. Mais une fois maîtrisée, la macrophotographie s’apparente à un nouveau monde à explorer et un puits sans fin de créativité, nous amenant à considérer autrement son environnement proche… Un insecte, une goutte d’eau, du givre, un grain de sel… Tout devient photogénique… et surprenant ! Bienvenue dans l’univers de l’infiniment petit (enfin, presque).

Nous verrons au sein de ce mini-tuto les différentes techniques, les paramètres et les réglages pour réussir ses photos macro. A noter qu’un peu de matériel est parfois nécessaire.

 

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Tout d’abord, qu’est-ce que la macro photo ?

Cette technique consiste à photographier de très près des objets ou des insectes en faisant ressortir sur le cliché un maximum de détails tout en obtenant un rapport de reproduction de 1/1 sur le capteur. Cela signifie que, si un objet mesure 2,4 cm d’envergure pour 3,6 cm de long, il occupera toute la photo si l’on utilise un capteur 24X36mm dit « plein format ». S’il s’avère plus grand que le capteur, il ne tiendra pas sur la photo, tout simplement. Le photographe devra alors s’intéresser plus en détail à partie plus ou moins petite du sujet.

Voir aussi la définition de la macrophotographie sur Wikipédia.

Rosée du matin
Rosée du matin prise en macrophoto Josch13 / Pixabay

Le matériel nécessaire pour faire de la macro-photographie

Pour débuter en macro photographie, un appareil photo reflex est primordial. Il est en effet indispensable d’obtenir une image de qualité afin de maximiser les détails, et de pouvoir régler manuellement les paramètres. Un bon bridge peut aussi faire l’affaire du débutant, ou un compact, pourvu qu’il soit muni d’un mode macro.

Pour une pratique davantage experte, d’autres accessoires peuvent rejoindre la panoplie du photographe équipé d’un reflex, comme l’objectif macro, la bonnette macro, les tubes d’allonge ou le soufflet, la bague d’inversion pour fixer l’objectif à l’envers, un trépied, un plateau micrométrique, un flash annulaire et autres équipements d’éclairage si la photo se déroule en studio.

L’objectif macro photo

L’objectif macro photo, dont la focale varie généralement entre 50 et 180mm, permet une distance de mise au point très courte. Il s’agit de la solution la plus optimale afin d’obtenir une bonne qualité d’image. A savoir que, pour les objectifs macro, plus la focale est longue, plus il est possible de s’éloigner du sujet et ainsi, de ne pas l’effrayer (s’il s’agit d’un insecte) ou de ne pas générer d’ombre lorsque l’on est dos au soleil.

La bonnette macro

La bonnette macro, qui s’apparente à une lentille grossissante qui se fixe devant l’objectif, constitue une solution pratique, peu encombrante et pas chère. Celle-ci altère toutefois quelque peu la qualité de l’image en créant des aberrations chromatiques. En effet, c’est souvent le cas quand on ajoute un élément optique sur de l’optique…

La bague d’allonge ou le soufflet macro

La bague allonge se compose de tubes qui se fixent entre le boîtier et l’objectif. Grâce à cet accessoire, le grossissement est davantage important. Ici, la qualité d’image reste conservée (il ne s’agit pas d’un élément optique), mais la luminosité peut en pâtir. Il en est de même s’agissant du soufflet, sorte de bague allonge pouvant être déployée à la façon d’un accordéon.

Cet accessoire a pour effet d’augmenter ou de diminuer le grossissement à volonté tel un zoom réglable en distanciant plus ou moins les éléments optiques du capteur. Un accessoire très utile, mais néanmoins cher et encombrant.

La bague d’inversion pour inverser l’objectif

L’objectif inversé est une technique consistant à fixer au boîtier un objectif à l’envers grâce à une bague d’inversion. Le grossissement sera ici inversé : un objectif grand angle à l’envers produira un agrandissement ou effet zoom plus important qu‘un objectif à focale longue. D’ailleurs, pour faire de la macrophoto, mieux vaut descendre en deçà d’un 35mm . Il sera ainsi possible d’atteindre voire de dépasser le fameux rapport 1/1. Il s’agit certes d’une solution économique, mais qui n’est pas aisée du tout à maîtriser: la distance de mise au point demeure fixe. Nous sommes de surcroît privés des commandes automatiques d’ouverture,

Un trépied pour la stabilité et un plateau micrométrique pour la précision

Le trépied évite les flous dus aux mouvements. Il sera, selon la taille du sujet, éventuellement équipé d’un plateau micrométrique. Ce dernier permet de déplacer l’appareil photo d’1 ou de quelques mm avec précision afin d’effectuer la mise au point sur le sujet.

Flash annulaire et éclairages externes

Un flash annulaire (flash en forme d’anneau se fixant autour de l’objectif) permet de générer une lumière directe et harmonieuse sur un sujet proche sans générer d’ombre. C’est le flash par excellence adapté à la macro ! Il est également possible éventuellement d’employer d’autres équipements permettant de gérer la lumière et les ombres en studio : flashs décentralisés commandés par le boîtier, relecteurs, spots… Comme l’on travaille bien souvent à haute vitesse d’obturation et à faible profondeur de champ, la luminosité demeure le problème numéro 1 de la macro.

Les difficultés à surpasser en macro photo

Plusieurs difficulté se posent en macrophoto, notamment s’agissant de l’exposition (quantité de lumière reçue par le capteur) et de la gestion de la zone de netteté. Il s’agit e outre d’être précis et patient. Il est en effet courant de devoir passer énormément de temps sur les réglages avant d’appuyer sur le déclencheur… Pour le peu que le sujet de votre photo soit un insecte, celui-ci a vite fait de bouger ou de déguerpir… Et tout est à recommencer !

En résumé, avec la macro-photo, il conviendra de dépasser trois problèmes majeurs que sont la faible profondeur de champ, la difficile mise au point et le manque de luminosité risquant de sous-exposer à coup sûr la photo.

La profondeur de champ

La profondeur de champ constitue le degré de netteté entre le sujet principal en avant plan et tout ce qui constitue son arrière plan. Une photo avec une faible profondeur de champ (bokeh dans le jargon) est un cliché faisant apparaître un sujet net entouré d’un flou allant crescendo vers les plans les plus profonds.

A l’inverse, une grande profondeur de champ implique un avant plan et un arrière plan nets. La macro réclame au photographe d’être au plus proche du sujet, parfois à moins d’1 cm ! Or la profondeur de champ diminue proportionnellement au rapprochement entre l’appareil et le sujet, et la zone de netteté peut bien souvent se compter en mm !

Pour augmenter la profondeur de champ et ainsi obtenir un sujet net, il suffit traditionnellement de limiter l’ouverture du diaphragme, c’est à dire, de paramétrer le réglage symbolisé par un f/suivi d’un nombre en élevant ce dernier. On passe par exemple de F/2,8 à F/11. Mais en macro photo, la profondeur de champ demeure somme toute limitée, même avec un diaphragme fermé au maximum ! Il convient donc de gérer au plus précis la zone de netteté (cf partie suivante consacrée à la mise au point)…

A noter que le flou ambiant n’exonère pas le photographe de prendre soin de l’arrière plan. Lorsque l’on débute, il est courant de se concentrer sur le sujet sans prendre garde à son environnement. Or, celui-ci se doit d’être photogénique !

Une mise au point très compliquée

Avec une profondeur de champs très limitée, le risque est de sortir le sujet de la zone de netteté au moindre mouvement involontaire du photographe ou du sujet lui-même. Combien ont pesté sur un insecte bougeant de quelques mm au dernier moment, alors que la mise au point venait d’être réglée ? Il devient nécessaire, pour ce faire, de s’équiper d’un trépied, d’un rail micrométrique (permettant de déplacer très précisément l’appareil photo millimètre par millimètre). Il convient également de quitter la mise au point automatique et de régler l’appareil photo sur l’autofocus dynamique (qui s’adapte aux mouvements) voire sur la mise au point manuelle pour mieux contrôler la zone de netteté.

Le manque de luminosité et flous

En fermant le diaphragme (f/16, par exemple), on limite invariablement la quantité de lumière susceptible d’atteindre le capteur. Le risque est d’obtenir un cliché sombre voire totalement noir. Pour apporter davantage de luminosité et ainsi augmenter ce qu’on appelle « l’exposition » de la photographie, il est possible de jouer sur deux paramètres : l’augmentation de la sensibilité ISO du capteur, ce qui a tendance à détériorer la qualité de l’image, ou la réduction de la vitesse d’obturation.

L’obturateur est une sorte de rideau qui s’ouvre et se referme le temps d’apporter de la lumière au capteur. Problème supplémentaire : faible vitesse, la luminosité est bien corrigée, mais il suffit d’un mouvement même imperceptible du photographe ou du sujet (action du vent sur une fleur, mouvement d’un insecte…). A moins de bénéficier d’une excellente lumière naturelle et d’un bon stabilisateur d’objectif, l’emploi d’un trépied s’avère de nouveau indispensable. A moins que l’on ne décide d’augmenter la vitesse pour limiter les flous tout en employant un flash spécial macro (en forme d’anneau autour de l’objectif). Il est également possible en studio d’opter pour un ensemble d’éclairages et de flash annexes, voire de réflecteurs pour annuler les ombres.

Petits conseils pour photographier les insectes : camouflages et horaires idéaux

Afin que les insectes ne soient pas effrayés et demeurent au maximum statiques pour vos photos macro, mieux vaut vous camoufler en adoptant une tenue qui vous fondera dans le paysage. Certaines heures du jour sont également préférables : tôt le matin ou en fin d’après-midi, le soleil produira moins d’ombre dures qu’un soleil situé au zénith. De même, les insectes s’avèrent moins craintifs à cette heure du jour… Seul hic, ces derniers seront moins actifs et donc moins présents qu’aux alentours de midi.

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